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Tous les communiqués de l’ASM

ÉDITORIAL du président de l’ASM — Justice : rester mobilisés quand l’essentiel vacille

L’Assemblée générale de l’ASM tenue le 16 avril dernier l’a confirmé : notre association grandit, se renforce, se structure. Les nouveaux membres affluent, les finances sont saines, et l’engagement ne faiblit pas. Ce dynamisme est une bonne nouvelle. Mais il intervient dans un contexte qui, lui, l’est beaucoup moins.

 

Les orientations budgétaires gouvernementales annoncées pour la justice sont alarmantes. Elles menacent directement la capacité du pouvoir judiciaire à remplir sa mission. À force de sous-financer, on affaiblit. À force d’affaiblir, on met en péril l’État de droit. C’est aussi simple — et aussi grave.

 

Dans ce paysage, le rôle de l’ASM est plus essentiel que jamais. L’année 2025 l’a montré : nous avons été présents sur tous les fronts. Mobilisations, actions symboliques, publications, conférences, collaborations, présence médiatique : l’association n’a cessé de rappeler que la justice n’est pas un luxe, mais un pilier démocratique.

 

2026 s’annonce tout aussi dense. Colloques, actions communes, interventions juridiques, initiatives de sensibilisation : les chantiers sont nombreux, et les menaces aussi. L’instauration de cotisations patronales pour les magistrats et le personnel statutaire, actuellement discutée au Parlement, en est un exemple frappant. Si elle devait être adoptée, elle assécherait encore davantage un budget déjà insuffisant. L’ASM se prépare à réagir, y compris par la voie contentieuse si nécessaire.

 

Face à ces défis, une conviction s’impose : nous devons rester mobilisés. L’ASM continuera à porter une parole libre, à défendre l’indépendance du pouvoir judiciaire et à rappeler que la justice ne peut pas être reléguée au rang de variable d’ajustement.

 

A l’occasion de cette première newsletter de l’ASM, rappelons nous que la justice certes vacille, mais nous restons debout. Ensemble.

Une situation de plus en plus critique

Les magistrats alertent sur les dangers d’une absence de refinancement de la justice

Il est minuit moins une minute pour la justice. Sous financée, son rôle pour garantir un état de droit est menacé. Ce message, l’ensemble de l’ordre judiciaire du pays le porte ce vendredi devant le palais de justice de Bruxelles.

Notre État de droit vacille

Magnifique contribution de Marie Messiaen à lire dans La Libre du 20 septembre 2025 👇
“Après avoir phagocyté le pouvoir législatif – au moyen de la particratie principalement -, les gouvernements successifs s’attellent depuis plusieurs décennies à affaiblir le pouvoir judiciaire. Sous-financement structurel des institutions judiciaires, dégradation des conditions de travail et atteinte à l’attractivité de la fonction (au travers de la réforme des pensions, notamment) et, signe d’un mépris caractérisé et d’un sentiment de toute-puissance, refus d’exécuter d’innombrables décisions de justice.
Cette dernière attitude du gouvernement belge constitue un véritable coup de canif dans le contrat social, en faisant fi de ses obligations constitutionnelles et internationales (même les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme étant volontairement ignorées)”.

Interview croisée ce 11 juillet 2025

A lire dans Le Soir de ce samedi, une rencontre improbable entre Manuela Cadelli, juge et administratrice de l’ASM, et Annelies Verlinden, ministre de la Justice.
“On a asséché les communs, la justice, l’enseignement, les infirmières. La justice, vous l’avez dit et merci, merci de reconnaître, qu’elle est en faillite. C’est important dans une médiation avec nous, avec la justice. Parce qu’il y a encore certains chefs de corps qui ne le reconnaissent même pas, qui disent “non, non, si on s’organise, ça va aller”, etc. Alors qu’on est au bout du bout, on est à l’os. Et donc vous êtes bien malheureuse d’être dans un gouvernement – je ne voudrais pas être à votre place – qui demande à la Cour européenne des droits de l’homme de s’adapter, de faire des droits de l’homme une variable d’ajustement et dont certains membres continuent de ne pas respecter des milliers de décisions de justice”.
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